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Art et histoire sur les îles d’Ogijima et de Megijima, dans la mer intérieure de Seto

Art et histoire sur les îles d’Ogijima et de Megijima, dans la mer intérieure de Seto
  • NOM DE LA DESTINATION
    Kagawa
  • MOTS-CLÉS ASSOCIÉS
  • DERNIÈRE MISE À JOUR
    17 Mars, 2022

La triennale de Setouchi est l’un des festivals d’art contemporain les plus célèbres du Japon. Une fois tous les trois ans, plus de 150 œuvres d’art y sont présentées, dont un grand nombre d’installations, réparties sur une douzaine d’îles de la mer intérieure de Seto. Naoshima et Teshima sont de loin les îles les plus connues, mais si vous êtes à la recherche d’un peu moins de mise en scène et de plus d’originalité, vous trouverez votre bonheur sur les îles d’Ogijima et de Megijima.

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Les îles d’Ogijima et de Megijima

Situées au large de Takamatsu, dans la préfecture de Kagawa, Ogijima et Megijima sont deux îles dont on pourrait traduire les noms par « l’île masculine des arbres » et « l’île féminine des arbres », des appellations qu’elles doivent à leur taille similaire et leur proximité, seulement un kilomètre les séparant l’une de l’autre. Comme elles sont grandes de moins de trois kilomètres carrés chacune, il est tout à fait possible de visiter les deux îles dans la même journée, sans se sentir trop pressé par le temps. Un ferry rayé de rouge et de blanc s’arrête d’abord à Megijima, avant de se rendre à Ogijima, puis de repasser par Megijima en rentrant à Takamatsu.

Le parking des mouettes de Megijima

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Nous avons embarqué sur le ferry tôt le matin à Takamatsu, et nous sommes arrivés à Megijima 20 minutes plus tard, au terme d’un court trajet en mer. En arrivant aux abords du port de Megijima, on aperçoit immédiatement l’une des œuvres d’art de l’île : des centaines de mouettes alignées le long du port et des digues, se mouvant à l’unisson au gré des rafales de vent. En sortant du ferry, vous pourrez même les entendre. En tournant, la surface métallique des mouettes frotte contre leur piquet fixé dans le béton, donnant lieu à une cacophonie qui n’est pas sans rappeler le bruit que peuvent faire des mouettes affamées.

Onigashima Oni no Yakata

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Nous nous sommes d’abord rendus à Oni no Yakata. C’est le premier bâtiment que vous verrez, et il s’agit de l’office du tourisme de l’île. Il porte le nom d’Oni no Yakata, le palais du Démon, car Megijima est aussi connue sous le nom d’Onigashima, l’« île du démon », un île dont on crut longtemps qu’elle abritait des démons, selon une légende rendue célèbre par le très populaire conte de Momotaro. On trouve un petit cinéma au sein d’Oni no Yakata, dans lequel on peut regarder un amusant court métrage sur les démons de l’île, racontant comment Momotaro osa les affronter. Une fois le film terminé, nous avons loué des vélos afin de pouvoir explorer l’île en toute liberté.

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Se promener sur l’île en vélo est très agréable, et cela permet de parcourir une grande distance en peu de temps.

The Presence of Absence

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Leandro Erlich "The Presence of Absence" Photo: Nakamura Osamu

Nous sommes ensuite allés voir The Presence of Absence, une œuvre installée au sein d’une ancienne maison rénovée, qui attira l’attention lors du festival international d’art de Setouchi. Leandro Erlich, artiste conceptuel argentin de renommée internationale, est à l’origine de cette œuvre qui met en scène l’absence. Elle est dotée d’un restaurant et d’une bibliothèque, et il s’agit d’un lieu incontournable lorsqu’on se rend à Megijima.

Mis à part les œuvres d’art, on trouve des boutiques et des restaurants alignés face à la mer, un temple bien entretenu, et de nombreuses ruelles étroites bordées de maisons, que nous avons empruntées pour rejoindre le ferry qui devait nous mener à notre destination suivante.

Ogijima Ogi “Koryukan”

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L’île d’Ogijima est légèrement plus petite que Megijima. Sa population est comparable, environ 160 habitants, mais les œuvres d’art y sont un peu plus sophistiquées. Ici aussi, on est en contact avec l’art dès la sortie du ferry. Ogihima’s Soul, conçue par Jaume Plensa, est aussi bien une sculpture que l’office du tourisme de l’île. Le toit du bâtiment s’inscrit dans la lignée des créations de Plensa. Composé de lettres de différents alphabets, il projette au sol des ombres complexes durant la journée. Au moment de notre visite, l’office du tourisme accueillait une exposition de dessins d’enfants suspendus au plafond. Nous pûmes également y admirer les photos de certaines des œuvres de l’île, prises à différents moments de la journée. Des tables installées à l’intérieur permettent de se poser quelques instants pour planifier sa visite de l’île, ou pour attendre le ferry.

Takotsuboru

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Takotsuboru, conçu par TEAM Ogi, se trouve juste à côté d’Ogijima’s Soul. Il s’agit d’un terrain de jeu dont les aménagements s’inspirent des pots utilisés pour la pêche au poulpe, une tradition sur l’île. C’est une manière de représenter le souhait de voir les enfants de l’île devenir forts et réussir dans la vie.

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On ne trouve pas de vélo électrique à la location sur Ogijima. On peut en être surpris au début, mais on comprend vite pourquoi. Contrairement à Megijima, les ruelles de l’île semblent former un labyrinthe, et elles sont si étroites que l’on peut tout juste y marcher à deux côte à côte, ce qui les rendrait bien difficiles à parcourir en vélo. C’est une île magnifique pour se perdre, où l’on croise partout des bâtiments à l’architecture étonnante, ornés de peintures murales. On ne sait jamais sur quoi on va tomber au coin de la rue.

Walking Ark

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L’extrémité sud de l’île abrite l’une des œuvres les plus célèbres de la région de Setouchi. Walking Ark, de Keisuke Yamaguchi, aurait été inspirée par l’arche de Noé. On peut y voir une sorte de chaîne de montagnes dotée de jambes. Vue sous certains angles, l’œuvre s’intègre parfaitement aux chaînes de montagnes de Shikoku que l’on aperçoit au loin, donnant l’impression qu’elle s’apprête à traverser la mer à pied. Yamaguchi la créa en mémoire du tremblement de terre et du tsunami qui dévastèrent la région du Tohoku en 2011, imaginant son œuvre comme se dirigeant vers la préfecture de Fukushima.

Nous avons ensuite marché le long de petites routes jusqu’au sanctuaire de Toyotama Hime, à partir duquel on peut longer la côte nord-est de l’île jusqu’au phare d’Ogijima, construit en 1895. Depuis le phare, des sentiers de randonnée traversent l’île, menant à de spectaculaires formations rocheuses et à des observatoires.

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Après avoir pu visiter les deux îles, j’en suis venu à la conclusion qu’elles ne pourraient pas être plus différentes l’une de l’autre. Megijima, ce sont de douces collines, de larges rues, et un ancrage dans des contes d’enfant folkloriques peuplés de démons. Ogijima semble plus anguleuse, avec ses ruelles labyrinthiques dans lesquelles se perdre, ses sentiers sauvages et ses sanctuaires. Pourtant, les deux fonctionnent en symbiose, offrant une parfaite journée d’excursion au départ de Takamatsu, et une excellente alternative aux îles de Naoshima et Teshima, prises d’assaut par des foules de touristes.

Photographs and text by Cherise Fong

DESTINATION LIÉE

Kagawa

C’est une région avec de nombreuses îles, dont Naoshima et Teshima, célèbres en matière d’art. C’est également l’endroit où se trouve le superbe Jardin de Ritsurin. Kagawa est en outre connue pour ses nouilles Sanuki udon, si renommées qu’elles attirent des touristes de tout le Japon. Cette préfecture est même parfois surnommée « la préfecture udon ».

Kagawa