Aventure & Experience
Profitez des paysages ruraux et du patrimoine japonais sur la route cyclable de Kibiji
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- NOM DE LA DESTINATION
- Okayama
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- MOTS-CLÉS ASSOCIÉS
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- DERNIÈRE MISE À JOUR
- 30 Janvier, 2023
La route cyclable de Kibiji est l’une des 100 meilleures routes cyclables du Japon. Elle traverse une zone historique de la préfecture d’Okayama appelée district de Kibi. Okayama, surnommée le « pays du soleil » pour ses pluies peu fréquentes et son climat doux, est située sur le côté ouest de l’île principale du Japon. Près de la mer intérieure de Seto, au sud, vous trouverez le plat pays rural qu’est la plaine de Kibi, reliant les villes de Soja et d’Okayama.
Au IVe siècle, le royaume de Kibi, dirigé par un ancien clan, était axé autour de la plaine de Kibi. À cette époque, ce clan contrôlait une grande partie d’Okayama. Bien qu’il n’y ait plus de clan dirigeant aujourd’hui, il subsiste des sites historiques qui y sont liés, éparpillés dans les régions de Soja et d’Okayama. La zone de Kibi abrite également de nombreux sanctuaires et temples au passé folklorique fascinant, ainsi qu’une rue commerçante historique qui accueillait autrefois de nombreux riches marchands.
J’avais hâte de découvrir la plaine de Kibi ainsi que tous les sanctuaires et temples des environs, le long de ce circuit cycliste sans guide.
Service de location de vélo Araki Rent-a-Cycle : Choisissez un vélo pour la journée
Ma journée a officiellement commencé à la gare de Soja, où je me suis rendu au service de location de vélo Araki Rent-a-Cycle pour choisir mon vélo pour la route cyclable de Kibiji. Le parcours cycliste complet fait environ 25 km, ce qui est un peu long pour les débutants, mais il s’agit principalement d’un parcours plat à travers de magnifiques rizières et berges de rivière sur des routes tranquilles dans des zones historiques. Le parcours s’étire entre la ville d’Okayama et la ville de Soja et peut être indifféremment emprunté dans un sens comme dans l’autre.
Le service de location de vélo Araki Rent-a-Cycle proposait des vélos ordinaires, des VTT ou des vélos à assistance électrique, tous disponibles dans une large gamme de couleurs. Il existe également des vélos pour enfant et des sièges pour enfant en option sur les vélos pour adulte.
Une option pratique proposée par Araki et d’autres boutiques de location de vélo dans la zone permet de prendre et de déposer son vélo à divers endroits, pour un supplément de seulement 500 yens. Si vous choisissez de partir d’un autre endroit que de Soja, vous trouverez d’autres services de location de vélo comme Takaya Rent-a-Cycle (près de Kokubunji) et Uedo Rental Cycle (à côté de la gare de Bizen-Ichinomiya). J’ai opté pour un vélo à assistance électrique pour des raisons de confort.
Tsunagaru Cafe Sen : un café qui cultive les liens dans une ancienne maison vieille de 180 ans
Après avoir pédalé pendant quelques minutes, je me suis retrouvée devant l’ancienne maison de Wahei Hori,dans la rue commerçante de Soja, qui était autrefois un quartier prospère où les résidences et magasins de nombreux riches marchands bordaient les rues. Certains de ces bâtiments sont aujourd’hui vacants et le quartier a perdu beaucoup de sa vitalité d’antan. Le bâtiment de 180 ans que vous voyez sur la photo ci-dessus, lieu de naissance de Wahei Hori (1841-1892 ; un pionnier de la peinture de style occidental dans la préfecture d’Okayama), a été cédé en 2002 à la ville de Soja, qui l’a soigneusement entretenu depuis.
La première chose que j’ai remarquée depuis l’extérieur, c’était sa magnifique architecture avec des poutres en bois et un toit en tuiles. Je m’intéresse aux vieilles maisons de marchands et il est intéressant de voir comment elles diffèrent selon les régions. Les différences les plus notables se situent généralement au niveau des fenêtres et des tuiles.
Il y a également un petit stand de légumes juste à l’extérieur, qui vend des produits locaux fraîchement récoltés pour seulement 100 yens la botte. Le paiement est basé sur un système qui fait appel à l’honnêteté et consiste en une petite boîte posée au-dessus des étals, dans laquelle les clients mettent l’argent pour les légumes qu’ils ont choisis.
L’ancienne maison de Wahei Hori accueille également une initiative baptisée « Tsunagaru Cafe Sen », qui offre aux futurs propriétaires de cafés la possibilité d’occuper les lieux pour s’essayer à la gestion de leur café et ainsi acquérir une expérience de service à la clientèle qui leur sera utile lorsqu’ils ouvriront leur propre établissement. Lorsque j’y étais, le café qui s’y trouvait s’appelait « orandana plus ». La formule que j’ai commandée était magnifiquement présentée. Apportant les couleurs des légumes locaux à la table, cette sélection d’ingrédients était un régal pour les yeux et le palais.
Disposant de tatamis et d’une cour parfaite pour s’asseoir et profiter de l’atmosphère rétro, j’ai pu prendre mon temps et apprécier tranquillement les intérieurs admirablement conservés de la maison. Transmis à travers les siècles, presque intacts, ils dégageaient une aura de beauté sobre qui m’a procuré un véritable sentiment d’apaisement !
Près de l’entrée, se trouvaient également une petite bibliothèque et un espace où une sélection de produits locaux était proposée à la vente. J’ai été intriguée par les produits à base de menthe du Japon « hakka » proposés, car ils sont fabriqués avec du hakka cultivé dans l’arrière-cour de l’ancienne maison de Wahei Hori. J’ai donc fini par acheter du thé au hakka !
Après avoir traversé la rue commerçante Soja, j’ai été accueillie par l’une de mes vues préférées : des rizières ! C’est tellement libérateur de pédaler à travers les rizières, ici au Japon. Comme nous étions à la fin du mois d’octobre, et que la saison des récoltes se situe généralement en septembre et octobre, une partie du riz avait déjà été récoltée. Lorsque le riz est prêt à être récolté, il adopte une couleur jaune pâle et devient très moelleux. Apercevoir au loin un habitant du quartier promener son chien entre les rizières m’a donné le sourire.
Temple Bitchu Kokubunji : une pagode à cinq étages peu commune entourée de fleurs de saison
En avançant à travers les rizières, j’ai aperçu au loin la pagode du temple Bitchu Kokubunji. Seule pagode à cinq étages de toute la préfecture d’Okayama, c’est un bien culturel important du Japon. Le temple principal actuel a été construit au début des années 1700, tandis que la pagode est un ajout plus tardif, achevé vers 1844.
J’ai eu la chance de voir les cosmos colorés qui avaient fleuri tout autour du temple. C’était l’occasion parfaite de prendre des photos. Bitchu Kokubunji a l’avantage de bénéficier de nombreuses fleurs saisonnières tout au long de l’année. Si, comme moi, vous effectuez votre visite en automne, vous verrez aussi probablement des cosmos. Vous pourrez également admirer des fleurs de lotus et des tournesols à d’autres moments de l’année.
Tumulus de Tsukuriyama-kofun : un mystérieux monument funéraire en forme de trou de serrure
Une autre partie très importante de l’identité culturelle de la région de Kibi est constituée par les « kofun », d’anciens tumulus. Ces tumulus revêtent de nombreuses formes, mais la plus courante est une forme en trou de serrure. Ils ont été bâtis pour les membres de l’ancienne classe dirigeante du Japon.
Tsukuriyama-kofun est le quatrième plus grand tumulus du Japon. On dit que les personnes qui y reposent étaient des personnalités influentes de Kibi. Comme il ne s’agit pas d’un mausolée impérial, il est possible de s’y promener. Au niveau du sol, on dirait un parc ordinaire. Avec une vue aérienne, cependant, sa forme en trou de serrure apparaît clairement et on constate alors combien ce tumulus est énorme.
Sanctuaire Kibitsu-jinja : un lieu de vénération du prince qui a sauvé son peuple d’un terrible démon
J’ai pédalé un peu sur un chemin le long d’une rivière et j’ai rapidement pu apercevoir au loin le sanctuaire Kibitsu-jinja, un site du patrimoine japonais. Ce sanctuaire, également classé comme trésor national, est célèbre pour sa voie d’accès de 398 mètres de long. Le simple fait de traverser ce magnifique passage en bois m’a donné l’impression d’effectuer un pèlerinage à part entière. Bien que la date de sa construction initiale soit inconnue, le sanctuaire a été reconstruit en 1425. Sa salle principale est le seul exemple restant du style architectural unique appelé « Kibitsu-zukuri », qui se distingue par son toit à double pignon.
Le sanctuaire Kibitsu-jinja est dédié à Kibitsuhiko, un prince du folklore local qui aurait sauvé son royaume d’un terrible « oni » – un ogre ou démon – nommé Ura. Selon la légende, Ura aurait construit un château près de la rivière et commencé à attaquer les bateaux qui passaient. Il finit par enlever les femmes et les enfants du village et les enferma dans son château. Les villageois demandèrent alors de l’aide à la cour impériale et le prince Kibitsuhiko se porta volontaire pour venir au secours de son peuple. Après une bataille féroce à l’aide de son arc et ses flèches, ainsi qu’une poursuite épique où Ura et le prince se transformèrent en oiseaux et en poissons, Ura fut finalement capturé et vaincu. La paix revint ainsi dans le royaume et Kibitsuhiko aurait alors vécu une longue vie de 281 ans avant d’être consacré ici, au sanctuaire Kibitsu-jinja.
Momotaro, un conte japonais très connu racontant l’histoire d’un garçon venu du ciel et né d’une pêche, aurait été inspiré par l’histoire du prince Kibitsuhiko. C’est pour cette raison que la préfecture d’Okayama est considérée comme le lieu de naissance du conte de Momotaro. Dans ce conte, Momotaro combat également des démons semblables à Ura et sauve son peuple.
Autour du sanctuaire Kibitsu-jinja, on trouve des dessins à l’effigie de Kibitsuhiko et de Momotaro un peu partout. La première chose que j’ai remarquée, c’était l’œuvre d’art autour de l’endroit où l’on peut tirer des « omikuji », des prédictions écrites sur des bandes de papier. Il y avait même une section d’omikuji pour enfants, qui sont rédigées dans un langage plus simple afin de faciliter leur compréhension. Je m’en suis rendu compte lorsque j’en ai tiré une par erreur ! Elle était en effet plus facile à comprendre.
Ma prédiction étant une « petite bénédiction », j’ai décidé de la laisser sur place en l’attachant au sanctuaire. C’est généralement ce que font les gens lorsqu’ils tirent une mauvaise prédiction. Personnellement, je ne garde que les « daikichi », les grandes bénédictions !
Dans la boutique du sanctuaire, on vend des « ema », des plaques de bois sur lesquelles les gens peuvent écrire leurs souhaits et leurs prières. On y trouve également des porte-bonheur « omamori » ayant chacun une vertu dans un domaine différent, comme la santé, les voyages en toute sécurité, la réussite scolaire ou l’amour. J’ai été fascinée par les masques de démons « oni » exposés dans la boutique. On dit que porter ce type de masque éloigne les mauvais esprits.
Gare JR de Bizen-Ichinomiya : La balade à vélo a touché à sa fin !
Je n’ai malheureusement pas eu le temps de faire les 25 km et j’ai rendu mon vélo à Uedo Rent-a-Cycle, à la gare JR de Bizen-Ichinomiya. Pour effectuer le circuit complet, je vous recommande de prévoir 4 à 5 heures, afin d’avoir le temps de profiter de la vue et de vous restaurer, sans avoir à vous presser.
C’est une activité d’une journée parfaite pour les personnes qui s’intéressent au folklore, aux paysages ruraux, à l’architecture historique et à la nourriture locale. Ce qui est merveilleux avec ce circuit à vélo sans guide, c’est que vous pouvez passer autant de temps que vous le souhaitez sur chaque site et ne vous arrêter qu’aux endroits qui vous intéressent. J’ai passé un formidable moment à respirer l’air frais et vivifiant, tout en apprenant l’histoire de la plaine de Kibi. Je reviendrai sûrement un jour !
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La région d’Okayama a prospéré comme une région aux éléments culturels variés, dont les sabres, les poteries de Bizen et d’autres pièces artisanales. Grâce à la clémence de son climat, des fruits, pêches et raisins muscat, sont activement cultivés ici. La région comprend aussi des endroits où vous pouvez découvrir les îles de la Mer intérieure de Seto.