Sejour Relaxant

Choraku - Bains d’or et d’argent à Arima Onsen

Choraku - Bains d’or et d’argent à Arima Onsen

J’ai une petite confession à vous faire. Je suis accro aux onsen. J’aime tremper pendant des heures dans une eau riche en minéraux. La chaleur de l’eau pénétrant jusqu’à l’os, ce sentiment de régénération profonde, telle une éponge essorée jusqu’à la dernière goutte; bref les bains me procurent une sensation de légèreté et de purification. Une combinaison idéale que je cherche à retrouver constamment et à laquelle je succombe à la moindre occasion.

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Cela faisait déjà quelques temps qu’Arima Onsen avait attiré mon attention, aux vues des louanges lancés par les fanatiques de onsen. Le destin jouant en ma faveur, je me retrouvais finalement à Kobe avec un peu de temps libre devant moi.

Cela fait bien longtemps qu’Arima Onsen est une destination prisée, étant le onsen le plus ancien du Japon. La première mention du lieu remonte à plus d’un millier d’années, dans un texte datant du 8e siècle qui conte l’histoire de deux dieux découvrant trois corbeaux guérissant leurs blessures dans les eaux locales. Le début d’une longue tradition de guerriers venant y chercher du réconfort après les batailles, ainsi que de prêtres et membres de l’aristocratie venus soigner les maux causés par le passage du temps.

Les propriétés thérapeutiques de cette eau n’ont d’ailleurs rien d’une légende. Le gouvernement japonais a établi une liste officielle de neuf éléments constitutifs, tels que le fer ou le soufre, permettant de qualifier l’eau d’un onsen de thérapeutique, avec comme critère de qualification la présence d’au moins un de ces éléments dans l’eau. Arima Onsen semblerait donc gâtée puisque son eau contient pas moins de sept de ces éléments, une composition extrêmement rare.

Arima Onsen est connue pour deux types d’eau thermale, l’eau d’or et l’eau d’argent, ou kinsen et ginsen. La version or contenant des niveaux élevés de fer et de sel – une fois et demi les taux de l’eau de mer – est réputée pour soulager les problèmes chroniques, tels que la névralgie ou l’arthrite. Tandis que la source argent offre une eau carbonique sans couleur particulière, réputée pour un effet boostant sur la circulation et le métabolisme, aidant à évacuer les acides lactiques du corps et réduire les inflammations. Ces eaux sont aussi communément reconnues pour leur action bénéfique sur la régénération cellulaire et le système immunitaire, ainsi que pour dissiper douleurs et fatigue.

Je décidais de séjourner au Ryokan Choraku, une auberge traditionnelle japonaise située sur les hauteurs d’une colline, au beau milieu des arbres: l’endroit idéal pour faire le plein d’air pur et se relaxer.

J’arrivais malheureusement sur place en compagnie de quelques nuages et averses, mais ma journée fut éclaircie dès lors que je descendais de la navette pour pénétrer dans le hall chaleureux de l’établissement. Décoration raffinée, grands espaces, service rapide, sympathique et efficace; pas de doute, j’avais misé juste en choisissant cet établissement.

En moins de deux, je me retrouvais dans une bulle de tranquillité. Sur les murs, un tableau encadré surplombe un petit arrangement de fleurs fraîchement cueillies sur le domaine du ryokan. Une superbe attention. Bien que l’invitation du fauteuil à m’installer bien confortablement face aux montagnes semblait tentante, je ne perdais pas de vue la raison de ma venue et les bains qui n’attendaient plus que moi.

Choraku offre un incroyable éventail d’options pour profiter aussi bien des bains dorés qu’argentés. S’il y un type de bain en eau de source chaude qui remporte mes faveurs, c’est bien le rotenburo, le bain en plein air. Et Choraku en regorge. S’ajoutent à cela bains à remous, afin de brasser au mieux le radon présent dans l’eau, bains profonds pour s’immerger complètement et salles de hammam diffusant les bienfaits de l’eau des onsen sous forme de vapeur. De quoi combler le moindre de mes désirs.

Les bains sont séparés par genre, mais il est possible de réserver un rotenburo privé donnant sur la forêt moyennant un petit supplément. Un endroit conçu pour prendre son bain en toute intimité, accompagné de sa famille ou d’autres invités, tout en absorbant les vapeurs bienfaitrices de l’eau chaude et les ions négatifs de la forêt alentour. Difficile d’imaginer meilleur cocktail pour purifier le corps et apaiser l’esprit.

Pour ceux qui souhaiteraient se laisser tenter par une offre encore plus haut de gamme, Choraku a récemment ouvert trois villas, offrant tout le confort d’une chambre luxueuse et l’accès exclusif à un rotenburo de ginsen ou kinsen privatif. Note pour plus tard: économiser pour séjourner dans l’une d’entre elles la prochaine fois !

Si vous avez la chance d’être au Japon durant le printemps, les cerisiers en fleurs entourant Choraku ajouteront une touche ravissante et mémorable à votre séjour. Et les couleurs flamboyantes de l’automne quant à elles ne devraient pas vous décevoir non plus. Ce ryokan offre à ceux qui y séjournent un véritable écrin visuel.

Une fois en été, l’établissement dévoile une offre spéciale, qu’il est assez rare de rencontrer: une large piscine remplie d’eau de onsen, permettant de s’accorder une baignade vivifiante dans une eau fraîche lorsque les températures estivales se mettent à grimper.

Alternant entre bains kinsen et ginsen, en intérieur comme en plein air, le tout entrecoupé de pauses allongé sur la terrasse en bois, profitant au maximum de tous les bienfaits reçus, j’aurai pu rester là pour toujours. Mais lorsque l’appel de l’estomac se fait sentir, les priorités peuvent changer.

Lorsque je séjourne en ryokan, mon choix se porte habituellement sur un menu traditionnel kaiseki, véritable farandole culinaire illustrant à la perfection ce qui rend la gastronomie japonaise si unique. Après un coup d’oeil au menu, la formule proposée au Choraku se révélait principalement déclinée autour des produits de la mer; un festin collant tout à fait au cadre luxueux de la destination. Voyageant seul cette fois-ci, je décidais plutôt de faire un tour au restaurant. Mon steak de Kobe-gyu, ce bœuf à la renommée mondiale élevé dans la région, se mesura à mes attentes en fondant littéralement dans ma bouche. Cuit à la perfection, ce fut un délice.

Ayant retrouvé toutes mes forces, je songeais déjà à retourner tremper dans un bain en plein air. Un cercle sans fin dans lequel je me trouve aspiré à chaque fois que je visite un onsen, sans nullement avoir l’intention de m’arrêter de si tôt.

Texte de Steve Jarvis et photographies de Choraku

DESTINATION LIÉE

Hyogo

La préfecture de Hyogo se trouve approximativement au centre de l’archipel du Japon. Elle possède le port de Kobe qui joue un rôle important comme porte d’entrée du Japon. Elle est également dotée de nombreux sites touristiques comme le Château de Himeji, classé patrimoine mondial par l’UNESCO et plusieurs régions de sources chaudes onsen. Le boeuf de Kobe, une des trois grandes marques de boeuf japonais wagyu, est un de ses délices.

Hyogo