Sejour Relaxant
Kinosaki Onsen, une station thermale au cœur du géoparc de San’in Kaigan
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- NOM DE LA DESTINATION
- Hyogo
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- MOTS-CLÉS ASSOCIÉS
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- DERNIÈRE MISE À JOUR
- 12 Avril, 2021
Lors d’un séjour dans une ville d’eaux au Japon, il n’est pas rare de se contenter de prendre des bains dans l’onsen de l’hôtel où l’on séjourne. Mais à Kinosaki Onsen (城崎温泉), dans le nord de la préfecture de Hyogo, au contraire, la coutume est celle du “Soto Yu Meguri”, la “tournée des bains” — on en trouve sept dans la ville. Et cette manière particulière de profiter des onsen donne à Kinosaki un charme unique : le soir venu, les rues s’emplissent de visiteurs en yukata qui flânent entre deux bains. Une atmosphère de villégiature hors du temps, qui séduit les visiteurs et inspire les artistes depuis des siècles.
Les sources qui ont donné naissance à cette station thermale sont l’une des manifestations de l’importante activité géologique de la région. Kinosaki Onsen se trouve en effet au cœur du géoparc de San’in Kaigan, classé à l’UNESCO, et qui s’étend sur le littoral des préfectures de Kyoto, Hyogo et Tottori. Quelques sites naturels exceptionnels, dont les cavernes de Genbudo et la côte d’Hiyoriyama, sont ainsi aisément accessibles depuis Kinosaki.
Kinosaki, un des onsen les plus populaires du Japon
Arrivée sous une pluie battante, j’ai d’abord été déçue et un peu inquiète. Mais j’ai vite compris que la pluie ne gâche en rien un séjour à Kinosaki Onsen. On y vient principalement pour se plonger dans les eaux brûlantes des bains onsen, savourer les spécialités locales (crabe des neiges et bœuf de Tajima en tête) dans des restaurants et passer s’agréables moments de détente dans des cafés ; autant d’occupations auxquelles la pluie ajoute du charme. On trouve aussi à Kinosaki un musée dédié à l’artisanat de la paille, et un musée d’histoire locale et de littérature ; de quoi s’occuper lors d’une journée pluvieuse.
Pour que l’expérience soit complète, il faut réserver une nuit dans l’un des nombreux ryokan (auberge traditionnelle japonaise) de Kinosaki Onsen, profiter d’un repas gastronomique japonais kaiseki — qui met à l’honneur le crabe des neiges lorsque c’est la saison —, enfiler un yukata et des geta, et partir faire la tournée des sept bains publics de la ville, entrecoupée de pauses dans des cafés, des boutiques de souvenirs, ou même dans un stand de tire à la carabine où rien ne semble avoir changé depuis la fin de l’ère Showa (1926-1989).
Pour ceux qui peinent à trouver un endroit où profiter des onsen japonais à cause de leurs tatouages, Kinosaki est l’endroit idéal : les septs bains publics y sont accessibles aux personnes tatouées.
Une atmosphère unique, qui séduit touristes et artistes
Le paysage urbain de Kinosaki Onsen dégage une indéniable nostalgie. C’est une ville-palimpseste, qui semble témoigner de l’art de la villégiature à la japonaise à travers les époques. L’histoire de ces bains d’eaux thermales remonte à plus de 1300 ans en arrière, et deux légendes tentent d’en expliquer les origines : l’une dit que les sources auraient jailli grâce aux prières d’un moine bouddhiste, tandis que l’autre évoque une cigogne blanche du Japon qui aurait guéri ses blessures dans une source, et ainsi attiré l’attention des habitants sur ses propriétés thérapeutiques. Les eaux thermales de Kinosaki sont notamment réputées pour leurs effets bénéfiques, la fatigue, les douleurs, ou encore les problèmes de digestion et les problèmes de peau.
L’image la plus iconique de Kinosaki Onsen est sans aucun doute celle de la rivière Otani, avec ses berges, ses ponts et ses lanternes de basalte gris clair, ses saules pleureurs, et les bâtiments en bois à trois niveaux qui la bordent. Un cadre on ne peut plus romantique, qui date de la reconstruction de Kinosaki après le tremblement de terre de Tajima en 1925, qui détruisit une grande partie de la ville.
Chacun des sept établissements de bains bénéficie d’une architecture bien spécifique, et offre une expérience unique : le Satono-yu offre ’une vue panoramique sur les montagnes, le Jizo-yu abrite un grand bassin propice à la socialisation dans son bâtiment moderne, les murs du Yanagi-yu sont recouverts de bois de cyprès et sa magnifique charpente est visible depuis les bassins, l’Ichino-yu fait penser à un théâtre de kabuki et possède un bain creusé dans une grotte, le Goshono-yu, récemment rénové, cache derrière sa façade inspirée par le palais impérial de Kyoto un bain extérieur tourné vers une petite cascade, le Kono-yu, un peu à l’écart, a installé ses bains extérieurs dans un écrin de verdure, tandis qu’au Mandara-yu, on peut se baigner dans des bassins extérieurs individuels.
Kinosaki Onsen est ainsi depuis des siècles un lieu de villégiature apprécié non seulement par les voyageurs, mais aussi par les artistes et les intellectuels, à qui le calme et le charme de Kinosaki offrent une atmosphère propice à la création artistique. Cette longue tradition à récemment trouvé un nouvel élan grâce à l’ouverture en 2014 du Kinosaki International Arts Center. Ce lieu de résidence artistique principalement dédié aux arts de la scène, dirigé par le metteur en scène de renommée internationale Oriza Hirata, est ouvert aux artistes japonais et internationaux, qui y trouvent un cadre de travail privilégié.
Des sites géologiques à découvrir près de Kinosaki Onsen : la côte d’Hiyoriyama et le parc Genbudo
Kinosaki Onsen se niche au pied de petites montagnes, à quelques kilomètres du lieu où la rivière Maruyama se jette dans la mer du Japon. Ceux qui aiment les activités de plein air et s’intéressent à la nature trouveront donc diverses activités à faire dans les alentours. Il est par exemple possible de randonner (ou de prendre un téléphérique) pour grimper au sommet du mont Daishi et découvrir le temple Onsenji, ou de tenter d’observer les cigognes blanches japonaises dans les marécages d’Hachigoro.
Mais, pour en apprendre plus sur l’histoire géologique de la région qui a permis aux onsen de Kinosaki de jaillir de terre, c’est vers le parc Genbudo et la côte d’Hiyoriyama qu’il faut se diriger. En effet, aussi difficile à imaginer que cela puisse être, il y a 70 millions d’années le Japon était encore rattaché au continent asiatique, et des sites naturels de la région témoignent des impressionnants mouvements géologiques qui l’ont fait s’en détacher pour devenir l’île que l’on connaît aujourd’hui.
Le parc Genbudo (玄武洞公園) est l’un des sites les plus spectaculaires du géoparc de San’in Kaigan. Il abrite des cavernes de basalte, creusées dans de hautes falaises ornées d’impressionnantes colonnes, formées par le refroidissement de coulées de lave il y a 1,6 millions d’années. Le basalte de Genbudo a longtemps été exploité par les habitants de la région — y compris pour construire les célèbres berges et ponts du centre de Kinosaki Onsen — mais le site est classé et protégé depuis 1931.
Ceux qui s’intéressent à la géologie et à la paléontologie pourront aussi visiter le musée de Genbudo, récemment rénové. Une collection de minéraux et de fossiles, y compris un squelette de t-rex et celui d’un éléphant préhistorique, y sont exposés.
La gare la plus proche est celle de JR Genbudo, à un arrêt de la gare JR de Kinosaki Onsen. L’arrêt de bus le plus proche est l’arrêt Genbudo sur la ligne de bus Zentan, situé juste en face de la gare de Genbudo. Cependant, comme le parc est situé de l’autre côté de la rive, il vous faudra prendre un bateau pour y accéder. Vous pouvez aussi faire le trajet à vélo, ce qui prend environ 20 minutes depuis Kinosaki Onsen.
À seulement 10 minutes en bus de la gare de Kinosaki Onsen, la côte d’Hiyoriyama (日和山海岸) présente un relief particulièrement accidenté, avec des falaises dentelées qui s’avancent sur une mer et parsemée de rochers, laissant imaginer la présence de véritables montagnes sous-marines.
Il n’est pas étonnant qu’un tel paysage ait inspiré des légendes, et l’étrange bâtiment que l’on peut distinguer sur un rocher au large rend hommage à l’une d’entre elles. C’est l’histoire d’Urashima Taro, un pêcheur local qui aurait passé trois jours dans un palais sous-marin avant de revenir sur la terre ferme, où il se serait en réalité écoulé 300 ans. On dit qu’Urashima Taro serait passé par ce rocher à son retour. C’est pour ça qu’un bâtiment évoquant le Ryugu-jo, le fameux palais sous-marin, y a été érigé en 1950.
Comment se rendre à Kinosaki Onsen ?
En train – La gare de Kinosaki Onsen (城崎温泉駅) est située sur la ligne JR San-in. Comptez environ 2h30 depuis Kyoto, 3 heures depuis Osaka et 5 heures depuis Tokyo.
En bus – Des lignes de bus offrent une alternative intéressante avec une liaison entre Kinosaki Onsen et Kobe ou Osaka en 3 heures.
L’activité géologique intense de la région de San’in a doté Kinosaki Onsen de nombreux trésors : des sites naturels spectaculaires, un environnement où prolifèrent les crabes des neiges et autres fruits de mer savoureux, et des sources thermales. Rien d’étonnant à ce que Kinosaki soit considéré comme l’un des meilleurs onsen du Japon, et que son attrait touristique perdure au fil des siècles. Kinosaki sait aussi se réinventer pour séduire les nouvelles générations, grâce notamment à ses cafés dans l’air du temps et à son soutien à la création artistique contemporaine.
Texte & photographies, Clémentine Cintré
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La préfecture de Hyogo se trouve approximativement au centre de l’archipel du Japon. Elle possède le port de Kobe qui joue un rôle important comme porte d’entrée du Japon. Elle est également dotée de nombreux sites touristiques comme le Château de Himeji, classé patrimoine mondial par l’UNESCO et plusieurs régions de sources chaudes onsen. Le boeuf de Kobe, une des trois grandes marques de boeuf japonais wagyu, est un de ses délices.