Aventure & Experience
Ehime : musées d’art contemporain et sanctuaire de samouraïs le long de la Shimanami Kaido
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- NOM DE LA DESTINATION
- Ehime
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- MOTS-CLÉS ASSOCIÉS
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- DERNIÈRE MISE À JOUR
- 30 Avril, 2021
Le ciel bleu se fondait à la perfection dans la mer intérieure de Seto tandis que j’admirais l’emblématique Crown Bridge de la Shimanami Kaido (しまなみ海道). Ce pont qui sert de dernière connexion entre l’île d’Oshima et l’île principal de Shikoku, c’est aussi là que se terminerait mon voyage en quête d’art parmi les petites îles de la préfecture d’Ehime qui parsèment la mer entre Honshu et Shikoku. Après avoir parcouru la première portion de la Shimanami Kaido en passant par les îles de la préfecture d’Hiroshima, je me retrouvais à présent dans la préfecture d’Ehime où je m’apprêtais à visiter des musées d’art contemporain, des sanctuaires de samouraïs, et profiter des paysages exceptionnels des îles et de l’océan depuis une plateforme d’observation. S’il est possible de voyager en voiture, il serait dommage de ne pas profiter des nombreuses boutiques de location de vélo que l’on trouve le long des 60 kilomètres de la route Shimanami Kaido. Véritable paradis pour les cyclistes, cette route permet de voyager d’île en île à vélo tout en offrant la possibilité de faire divers détours à la découverte des trésors cachés qui se cachent sur les îles.
C’est avide de découvertes artistiques que je suis arrivée sur l’île d’Omishima (大三島) pour débuter mon voyage le long des petites îles de la préfecture d’Ehime.
Le sanctuaire d’Oyamazumi : le plus vieux sanctuaire d’Ehime et site de pèlerinage pour samouraïs
Si la classe des samouraïs a disparu il y a 150 ans, on ne peut que ressentir leur présence dans le plus vieux sanctuaire d’Ehime : le sanctuaire d’Oyamazumi (大山祇神社). Construit en 594, ce sanctuaire vieux de 1400 ans fut édifié en l’honneur d’Oyamazumi no Okami, la divinité des océans, des montagnes, et de la guerre. Bien que personne ne sache exactement quand ce sanctuaire devint un lieu de culte important auprès des samouraïs, ils venaient ici, sur la petite île d’Omishima, prier pour le succès de leurs batailles. S’ils étaient victorieux, les guerriers revenaient au sanctuaire en pèlerinage pour faire offrande de leur épée, de leur armure, ou d’autre équipement militaire à la divinité. Une partie de ces offrandes est aujourd’hui exposée dans la salle des trésors du sanctuaire, dont 80% des artéfacts exposés sont classés trésor national du Japon.
Après être passée sous les portes en bois de l’entrée du sanctuaire, je me suis dirigée vers une grande place, une place en sable que foulaient autrefois les samouraïs, avant d’arriver au bâtiment principal du sanctuaire d’Oyamazumi (大山祇神社拝殿). L’une des traces les plus évidentes de la longue histoire du sanctuaire est l’immense camphrier vieux de 2600 ans qui se tient devant le hall principal. Fin février, les branches de l’arbre arboraient de nouvelles feuilles, ne montrant aucun signe de vieillesse, aussi vigoureux qu’il l’était autrefois devant les samouraïs.
Le musée d’art d’Omishima
Face au sanctuaire d’Oyamazumi je retrouvais le premier musée d’art de mon itinéraire : le musée d’Omishima (大三島美術館). Si vous aimez les peintures traditionnelles japonaises de style nihonga, vous apprécierez pleinement la visite de ce musée. Ouvert en 1986, ce musée à l’architecture originale en forme de pointe abrite une collection de plus de 1000 œuvres de nihonga. On y retrouve une exposition permanente de peintures de l’ère Showa (1926 – 1989) nous faisant découvrir les paysages ruraux du Japon de cette époque ou des dessins de fleurs et de plantes merveilleusement détaillés.
Dans le reste du musée, des expositions temporaires mettent en avant des artistes japonais plus récents. Lors de ma visite, une exposition était consacrée à des représentations contemporaines de paysages urbains, de figures abstraites, et de portraits de femmes. Visiter le musée d’Omishima ne prend pas beaucoup de temps mais permet d’avoir un aperçu de l’art de style classique japonais. Une sorte « d’apéritif artistique » qui m’avait mise en condition avant de me diriger vers le musée de Tokoro.
Le musée d’art contemporain de Tokoro
Si vous avez assez d’énergie pour vous aventurer sur quelques routes sinueuses à vélo, n’hésitez pas à vous rendre au Musée de Tokoro (ところミュージアム). Situé à l’extrémité ouest de l’île, le musée de Tokoro vaut non seulement le détour pour ses sculptures et autres installations artistiques, mais aussi pour les vues sur l’océan que l’on peut admirer autour du musée. Ouvert en 2004 en tant qu’annexe au musée d’Omishima, l’architecte de renommée internationale Toyo Ito conçut cette remarquable structure en béton sur un terrain en pente permettant de profiter pleinement de vues mémorables sur la mer intérieure de Seto.
L’air frais de l’océan s’engouffrait librement entre les portes ouvertes du musée alors que je descendais le long du bâtiment à la découverte d’une trentaine d’œuvres d’artistes contemporains du Japon et d’ailleurs. Arrivée en bas je pouvais admirer la dernière œuvre d’art, et à mon sens la pièce maîtresse du musée de Tokoro : une vue de l’océan encadrée par l’architecture du musée. Le musée met même à disposition des chaises que les visiteurs peuvent sortir sur la terrasse pour prendre un bol d’air frais. L’occasion idéale pour reprendre mon souffle tout en admirant le panorama spectaculaire qui s’étendait sous mes yeux.
Le parc de Kirosan : L’une des plus belles vues de la Shimanami Kaido
Avant de conclure mon voyage d’île en île dans la préfecture d’Ehime, je me suis rendue sur l’île d’Oshima (大島) pour y profiter d’une des plus belles vues de la Shimanami Kaido depuis l’observatoire de Kirosan (亀老山展望台). Situé au sommet du mont Kiro, cet observatoire surplombe l’emblématique pont Crown Bridge (来島海峡大橋), le dernier pont de la Shimanami Kaido assurant la liaison entre Oshima et Shikoku.
En haut de l’observatoire, je partageais cette incroyable vue à 360° avec quelques autres cyclistes ayant eu le courage de grimper au sommet de la montagne. Même la fraîcheur de l’air en ce mois de février ne parvint pas à me tirer de la béatitude dans laquelle me plongeait ce spectacle à couper le souffle — le chef d’œuvre ultime de ce périple en quête d’art sur la Shimanami Kaido. Tandis que la lumière chatoyante de fin d’après-midi venait réchauffer le paysage, je jetais un dernier coup d’œil à cette vue imprenable et je compris pourquoi cette région au patrimoine artistique si riche est une telle source d’inspiration. Que vous veniez pour admirer ses paysages somptueux, pour visiter des sites historiques ou pour y découvrir son patrimoine artistique, voyager à vélo le long de la Shimanami Kaido vous offrira sans nul doute l’une des expériences les plus mémorables que l’on peut vivre au Japon.
Où louer un vélo le long de la Shimanami Kaido
Les différents points de départ de la Shimanami Kaido et les multiples moyens d’y accéder permettent d’organiser son voyage simplement et de l’adapter au rythme qui vous convient en fonction de vos capacités physiques et du mode de transport que vous aurez choisi. Le site Internet Shimanami Cycle propose des itinéraires à suivre et répertorie les multiples boutiques de location de vélo, ce qui vous sera très utile si vous choisissez de vous déplacer à bicyclette.
Comment se rendre sur la Shimanami Kaido grâce au Japan Rail Pass
La route de la Shimanami Kaido commence à Onomichi, dans la préfecture de Hiroshima, et se poursuit jusqu’à Imabari, une ville de la préfecture d’Ehime accessible via le JR Pass. Si vous commencez votre voyage dans le port d’Onomichi, montez dans un train JR shinkansen depuis la gare de Hiroshima (広島駅) en direction de Tokyo et descendez à la gare de Fukuyama (福山駅), prenez ensuite un train local en direction de Mihara et descendez à la gare d’Onomichi (尾道駅 ; 54 minutes), comptez quatre minutes de marche pour vous rendre au port d’Onomichi (尾道港).
Depuis Shin-Osaka, Kyoto et Tokyo, montez dans un train shinkansen en direction de Hakata, descendez à la gare de Fukuyama où vous pourrez prendre un train local de la Sanyo Line pour vous rendre à la gare d’Onomichi. Il faut compter environ 2 heures pour atteindre Onomichi depuis Shin-Osaka et Kyoto, et 4 heures depuis Tokyo.
Que vous voyagiez en train, en ferry ou à vélo, la Shimanami Kaido vous régalera de la beauté de ses paysages, vous fera découvrir des destinations aux incroyables richesses culturelles et artistiques, et des temples impressionnants qui vous donneront envie de revenir voyager autour de la mer intérieure de Seto. Pour découvrir d’autres destinations le long de la Shimanami Kaido, découvrez la première partie de mon voyage dans la préfecture de Hiroshima.
Texte & photographies, Mika Senda
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Ehime
La région de Ehime possède l’autoroute Nishiseto, une des plus grandes pistes cyclables du Japon et elle est connue des cyclistes du monde entier. Ehime est dotée de nombreux endroits où les visiteurs peuvent rencontrer l’histoire, dont Dogo Onsen, une source chaude dont l’histoire remonte à plus de 3.000 ans et les rues uchiko, restées inchangées depuis les périodes Edo et Meiji.